Quatre jours d’absence – Partie 2

Les filles sont en train de faire une sieste dans leur appart. Depuis qu’on est rentré chez nous, Nad recherche énormément le contact avec Karine et surtout, je ressens bien qu’elles souhaitent se retrouver à nouveau toutes les deux et qu’elles sont en manquent de leur solitude. J’avoue que ça me fait du bien de me retrouver à nouveau seule, là…

Je profite de cet instant là pour continuer à raconter ce qu’il s’est passé durant ces derniers jours. J’espère avoir le temps de terminer avant que mes voisines ne soient de retour, non pas comme hier…

Comme je l’ai expliqué dans mon dernier message sur ce blog, nous étions en train de prendre un maximum d’affaire dans cette supérette lorsque Nad est arrivée vers moi en me disant que nous n’étions pas seule. Sur le moment, j’avoue ne pas avoir été réellement affectée. Naïvement, je me suis dit qu’il devait s’agir de personne comme nous trois à la recherche d’une conserve à se mettre sous la dent. Ou d’une bande de fille à la recherche de tampax. Mais Nad ne m’a pas vraiment laissé la possibilité de dire ou faire quoi que ce soit et elle m’a juste incité à prendre nos sacs en faisant le moins de bruit possible pour rejoindre Karine. Ce que j’ai fait directement en la suivant de prêt tout en essayant de jeter un œil derrière moi.

Lorsque nous avons rejoint Karine, elle a commencé à parler à voix haute en nous demandant si on avait terminé. La personne qui était dans le magasin s’est probablement aperçue de notre présence à ce moment là. Suite à ça, j’ai même réussi à le voir vaguement dans les miroirs de sécurité et marchant dans notre direction. Du peu que j’ai vu, il paraissait un peu bourré, ce que je me suis empressée de dire à mes deux amies. Karine nous a fait signe de la suivre en silence mais sans oublier nos sacs.

On a fini par aller dans l’arrière-boutique, au niveau des salles de sécurité. J’étais surprise de voir Karine nous diriger sans problème mais elle m’a expliqué plus tard avoir déjà bossé ici pendant un mois. Et je l’étais encore plus lorsque je l’ai vu sortir une épingle à cheveu de son chignon pour se mettre à crocheter la serrure tout en m’indiquant d’un seul regard de prêter attention à qui pouvait arriver derrière nous. La porte avait déjà des traces de tentative de forçage mais apparemment, la personne précédente n’avait pas réussi.
Quelques secondes plus tard, on était à l’intérieur de la salle de sécurité où se trouvait également un bureau que Karine fouillait pour retrouver la clé de la porte.

Je vais vous épargner les détails… Mais par chance, Karine savait également qu’un trousseau de clé se situait ici. Le boss du magasin n’avait probablement pas prévu qu’une personne puisse réussir aussi facilement à forcer sa serrure. Oh pardon, « crocheté », pas forcé.

Une fois enfermée à double tour, on s’est mise à regarder les écrans des caméras de sécurité sans vraiment savoir quoi faire d’autre. On a pu revoir le type bourré que j’avais vu précédemment. Il marchait en titubant et plutôt lentement et ses vêtements étaient réellement dans un état lamentable. À première vu, je sais pas s’il aurait été capable de nous faire du mal même s’il l’avait voulu. Mais j’avoue qu’aucune de nous trois n’avaient envie de tenter l’expérience. Notre seul but était d’attendre qu’il quitte le magasin de lui même. Il y a plus glorieux comme objectif, mais j’étais vraiment pas en état de jouer les téméraires…

Il a continué de marcher dans notre direction avant de s’éloigner de quelques pas… Pour revenir dans notre direction. Mais il avait deux portes à traverser et il semblait bien trop perturbé pour le faire. Ca ne l’a pas empêché de frapper la porte de ses deux poings…
Je sais pas combien de temps nous sommes restées comme ça à le regarder en silence… Plusieurs minutes ou plusieurs dizaines de minute peut être. On était juste effrayé et Nad pleurait dans un coin de la pièce. Je tentais de garder mon calme tant bien que mal et je sentais même Karine transpirer et être tendue. Elle qui n’a pourtant jamais peur de rien…
Au final, je suis allée rejoindre Nad pour la prendre dans mes bras et elle a posé sa tête sur mon épaule. Avec le recule, je me dis que Karine n’a pas dû aimer… Mais à ce moment là, on était toutes les trois bien trop occupées pour penser à ce genre de détail.

Karine commençait à chercher quelque chose à utiliser comme une arme lorsque quelque chose de nouveau s’est affichée sur les caméras de surveillance : un groupe de 4 personnes dont une fille couvert des pieds à la tête. En regardant de plus prêt, on a pu remarquer que la fille avait un balais dans les mains mais avec un truc qui ressemblait à un gros couteau de cuisine scotché à son extrémité. C’est difficile à dire avec la qualité de l’image et la taille de l’écran… Les types qui étaient avec elle, l’un avait une sorte de fourche et le second une grosse pelle. Le dernier avait une béquille, marchait difficilement et portait un masque sur le visage. Quoi qu’il en soit, ils ont commencé à battre le type bourré avec leurs armes.
Même si le type bourré me faisait peur… J’étais encore plus effrayée de voir ça sous mes yeux.

Voir des actes de violence à la télé ou au cinéma, ça ne choque plus vraiment aujourd’hui. Ca se banalise. Mais là… Karine, Nad et moi… On est restée là sans rien dire mais nos yeux en disaient beaucoup. On était totalement immobile à regarder les écrans, comme hypnotisé par cet homme en train de se faire battre sous nos yeux… Nad est la première à avoir brisée le silence :
– On devrait barricader la porte…
Karine lui a répondu que la porte ne s’ouvre que dans un seul sens et que de notre position, nous devions pousser la porte pour sortir. Ce qui au final n’aurait servi à rien de la barricader.

Les personnes ont commencé à dévaliser un peu plus le magasin après avoir veillé à ce que le type bourré ne bouge réellement plus. Et avec les nombreux coups qu’il s’est prit en plein visage, j’avoue n’avoir eu aucun espoir pour sa survie…

Là où ça s’est corsé pour nous, c’est lorsque cette bande a commencé à se diriger vers notre porte… Karine s’est mise devant Nad et on regardait fixement la porte sans savoir comment réagir. Les caméras n’affichaient aucune vu sur le couloir. Il n’y a rien de plus terrible que savoir que des personnes hostiles sont là sans qu’on puisse réellement savoir où… Ils ont cherché à ouvrir la porte, mais sans succès. On a pu entendre l’un d’eux dire de continuer à fouiller les pièces ouvertes. Et avec le bruit, on a pu entendre des sortes de palette glisser sur le sol. Comme si le groupe tentait de se dégager un passage.
Le comble dans tout ça, c’est qu’ils ont posé ces palettes juste devant la porte de la pièce dans laquelle nous étions, ce qui nous a littéralement coincé à l’intérieur ! Ca pourrait être une excellente scène pour un mauvais film…
Et bien entendu, nous ne nous en sommes pas aperçue immédiatement… Au niveau de l’entrée du magasin, une autre personne est apparue dans le périmètre d’une caméra. Visiblement, elle était avec eux et leur à dit de revenir en vitesse (ce qu’ils ont fait sans attendre, malgré le type à la béquille qui trainait visiblement la patte).

Après avoir pris conscience de tout ce qu’il venait de se passer, on a voulu partir d’ici au plus vite pour rentrer chez nous. Et c’est là qu’on a réalisé qu’on était enfermée. Ou du moins… Que la porte était bloquée de manière à ce qu’on ne puisse pas l’ouvrir de plus de 2 ou 3 centimètres… On était totalement enfermée ici. Avec des sacs pleins de vivre, mais enfermée quand même…

Nad et Karine ont terminé leurs siestes. Je vais les aider à cuisiner et je continue demain.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s