Longue coupure de courant et nouveau stock de bouffe

Coupure de courant depuis dimanche. Une de plus… Sauf que cette fois ci, nous sommes restés sans électricité jusqu’à aujourd’hui. Heureusement, il fait quand même chaud cet été. J’ose pas imaginer la situation si on était en plein hiver polaire…

Finalement… Je me suis décidée à vider mon sac et à ranger mes affaires. J’ai eu beaucoup de mal à le faire mais j’y pensais depuis ce week end.
Depuis que mon père devait venir nous chercher, je n’avais toujours pas ranger mes vêtements. Karine et Nad l’ont fait dans les jours qui ont suivi. Mais là… Ca fait déjà 10 jours à présent. Pas de nouvelle de la part de ma mère non plus et toujours aucune tonalité lorsque j’appelle la maison.
Je continue d’aller à la fenêtre de temps en temps pour surveiller la rue… Mes voisines me regardent faire sans un mot à chaque fois. Puis, Nad vient me prendre dans ses bras.
Je pleure encore pas mal, je l’avoue… Et une partie de moi continue d’espérer de voir mon père arriver.
Il arrivera bien à un moment ou à un autre de toute façon, non ?…

Pendant la coupure de courant, on a voulu en profiter pour voir si y’a moyen de récupérer des trucs à manger à l’extérieur. Le dernier mail de la part du copain de Karine se trouvant à l’autre bout de la ville remonte à de nombreux jours à présent. On sait pas s’il a eu une nouvelle arrivée de carton de nourriture par l’armée depuis la dernière fois, mais nous, on n’en a même pas eu un seul… Je regrette de ne pas avoir de voiture…
Bref, au moment de sortir, notre voisin nous a probablement entendu descendre les marches parce qu’il a ouvert la porte lorsqu’on passait devant la sienne. Il avait toujours son horrible raie au milieu avec ses cheveux plein de gomina ainsi que ses lunettes triples foyers mais… Il a proposé de nous accompagner. Et c’est toujours avec son cheveu sur la langue qu’il nous a dit :
– Vous savez les filles, c’est dangereux dehors… On est en plein monde post-apo ! Vous avez besoin d’un homme fort et viril pour vous escorter !
Bon j’avoue, il n’y a pas de cheveu sur la langue dans la façon dont j’ai écrit ces lignes… Mais vous savez comment faire ça, vous ?! Moi non…
Bref, je crois qu’on a toutes les trois retenus un rire avant de lui dire qu’il pouvait nous accompagner. Même si selon moi, il se sentait plus en sécurité avec nous pour faire une sortie…

Finalement, on est allé du coté d’une épicerie solidaire (Solépi, au cas où vous connaissez) pour voir s’il y a des trucs à manger. Vu notre situation, je crois qu’on était un peu plus à l’aise à l’idée d’aller nous ravitailler là bas. Après, on est en pleine période de crise, non ? Et Karine était prête à fracturer la serrure pour ça en laissant son numéro de téléphone sur la caisse pour s’excuser de notre intrusion et surtout, payer plus tard ce qu’on avait prit…

Bon, le truc qu’on avait pas prévu, c’est qu’on était pas les premiers à avoir eu cette idée… La porte était totalement défoncée à coup de parpaing et comme d’habitude, la boutique avait commencé à être entamé. Heureusement, il restait encore pas mal de truc à manger et on a pas hésité à se servir.
Par contre, les congélo ne marchaient plus et ça se sentait…

Un autre détail qui nous a perturbé, c’est que la grande majorité des aliments étaient déjà périmés. Karine nous a expliqué que ça ne l’étonne pas et que ça arrive fréquemment que les produits le soient dans des épiceries solidaires. Du moins, celle qui lui avait permis de manger à une époque lui avait procuré des aliments périmés…
Espérons qu’on ne tombe pas malade !

On a évité de trop trainer sur le chemin de retour… On avait quand même peur de tomber sur des flics ou des militaires… Par contre, on a vu 1 ou 2 personnes au loin, dans les rues. Elles semblaient totalement bourrées et on a vivement préféré les éviter pour ne pas s’attirer de problème…

J’ai proposé à Alucard de monter à mon studio pour qu’on passe la fin de la journée ensemble tous les 4. Avec les filles, on lui a même proposé de mettre toute notre bouffe en commun mais il a préféré évité en prétextant qu’il tiendrait plus facilement tout seul avec sa réserve.
Karine l’a traité de blaireau et est partie se doucher. Lui, il s’est contenté de hausser les épaules en repartant chez lui avec des bras pleins de paquet de chips.

Quelqu’un vient de sonner à l’immeuble !

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