En pleine attente d’un signe de vie

Aucune nouvelle depuis dimanche.
Bon sang… Je commence à peine à écrire cette phrase, à commencer cet article que je me met déjà à pleurer… J’ai les yeux tellement rouges… Je savais que venir sur ce blog me serait difficile…

Mon père n’est toujours pas arrivé et je suis vraiment folle d’inquiétude… La ligne téléphonique de chez mes parents ne marche plus non plus et je tente de téléphoner une bonne dizaine de fois par jours. Contrairement à la semaine dernière, il n’y a aucune tonalité, pas un seul son. Ca ne sonne pas du tout. Sur le portable de mon père par contre, je tombe toujours sur le répondeur…

J’ai expliqué dans mon dernier article que j’ai envoyé un mail à ma mère. Elle ne m’a pas répondu non plus. Je lui en ai envoyé un second du coup avec une confirmation de lecture mais je ne l’ai pas reçu en retour.

Je me sens vraiment… Vide. Depuis dimanche, j’ai la sensation de ne rien faire d’autre qu’aller de mon lit à la fenêtre pour guetter l’arrivée de Papa. Nad m’oblige à manger un minimum, même si nous en sommes à ne manger qu’une fois par jour. Aujourd’hui, c’était un bol de céréales avec du lait. Après, elle m’oblige à aller me doucher. J’avoue ne pas en avoir envie.
J’ai envie de rien…

Karine compte et recompte nos conserves et paquets de pâte. C’est une chance qu’elle soit du genre à avoir énormément de stock. Elle m’a avoué ne pas avoir toujours mangé à sa faim et avoir déjà été obligé de voler. Du coup, c’est sa façon à elle de survivre : avoir toujours des placards remplis comme si elle abritait une famille entière chez elle et en tirer une grande fierté lorsqu’elle a payé cette nourriture de sa poche.
Je n’ai jamais connu la faim. Je fais les courses une fois par semaine et j’habite seule. Mais ça fait déjà quelques jours que mon frigo est vide et que je mange grâce aux conserves de Karine.

Je me sens tellement mal… J’en ai marre de pleurer. J’aimerai me réveiller et réaliser que tout ça n’est qu’un cauchemar.

Karine veut sortir demain afin d’aller chercher des trucs à manger. Il y a une sorte de distributeur à bouffe à quelques rues de chez nous. Nad lui a dit qu’on serait probablement pas les seules à avoir cette idée et n’est pas enchanté à l’idée d’y aller. Mais d’ici la fin de la semaine, on aura probablement même plus de gâteau sec pour manger.

Pour ma part, je resterai probablement à la maison pour surveiller l’arrivée de mon père. De toute manière, je n’ai pas envie de sortir. Je veux juste avoir des nouvelles de mes parents…

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2 réponses à “En pleine attente d’un signe de vie

  1. Ma pauvre Emma, je suis désolé pour toi… Je suis un peu dans la même situation, avec mes parents qui ne répondent pas à mes mails, mais bon, l’informatique n’a jamais été leur point fort. Ils essaient probablement de me joindre sur mon téléphone, mais comme je l’ai perdu… Au moins, ils n’étaient pas supposés venir.

    Tiens bon, surtout. Quelle que soit réellement cette situation, elle est globale. Il FAUT garder la forme pour faire face à ce qui arrive, quoi que ça puisse être. Ne serait-ce que pour avoir des réponses, pour savoir ce qui est vraiment arrivé à ton père.

    Ici, ça commence à être difficile. Les vivres que les soldats ont livré s’épuisent. On attendait un ravitaillement hier, mais rien. J’ai été prudent de mon coté, mais certains de mes voisins, rassurés par la livraison de l’armée, ont « gaspillé » leurs stocks. L’ambiance commence à être tendue, et il y a même eu quelques bastons.

    Je reste à mon étage autant que possible, vu que je suis au 8eme sans ascenseur ça limite l’envie de mes voisins les plus agressifs de venir « emprunter » de la bouffe. Va quand même falloir que je m’arrange pour trouver ou improviser une arme, au cas ou. Ironie du sort, je pratique un peu le kendo, mais bien sur, le jour ou j’en aurais besoin, mon matériel est à plusieurs centaines de kilomètres de là…

    Pendant les coupures de courant, j’ai sympathisé avec ma voisine d’en face. C’est une nana de 20 ans, style un peu gothique et étudiante en sport (l’équivalent de notre STAPS, en gros), qui loue cette petite chambre meublée le temps de ses études. Sa famille vit à Cambridge, mais elle préférait étudier à Londres. Enfin bref…

    Elle non plus n’arrive pas à joindre ses parents. En fait, presque personne, de ce que j’ai pu comprendre en écoutant les conversations, n’arrive à joindre qui que ce soit. Les lignes téléphoniques sont vraiment très perturbées, mais le courant est à peu près stable. Du coup, ma voisine squatte de temps en temps chez moi pour utiliser mon ordinateur et envoyer des mails. Pas beaucoup de réponses de son coté, mais de ce qu’on a réussi à avoir comme info, c’est le même bordel PARTOUT.

    On risque de devoir sortir, nous aussi, si les provisions n’arrivent pas. Il nous reste 3, 4 jours de vivres au maximum, et certains de mes voisins n’ont déjà plus rien.

    Compte tenu de l’agitation ici, je pense en profiter pour essayer de repérer un endroit moins « agité » pour m’installer, si nécessaire. Il y a trop de monde trop agité dans cet immeuble, si la crise se prolonge ça va forcément péter. Je devrais en parler à Becky (ma voisine), elle connait le coin mieux que moi.

    Je vous tiendrais au courant.

  2. Merci Am Shagar, c’est toujours réconfortant d’avoir des nouvelles d’ailleurs, même si elles ne sont pas très bonnes…
    Tu as de la chance d’avoir Becky avec qui discuter. J’avoue qu’en ce moment, la dernière chose que je souhaite à quelqu’un est d’être tout seul…

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